[FLASH] Note de conjoncture – L’embrasement au Moyen-Orient secoue les marchés

L’ouverture d’une guerre entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël nous fait basculer de nouveau dans une instabilité importante où l’incertitude reste omniprésente. L’extension de ce conflit à tout le Moyen Orient laisse planer un niveau de tension palpable sur les coûts énergétiques et les difficultés logistiques maritimes.

Au cœur des difficultés se trouve l’explosion ces derniers jours, non seulement du coût du baril de pétrole, mais surtout de celui du gaz. Comme cette énergie est directement employée pour la production d’acier de la filière haut fourneau, l’envolée de son cours pourrait avoir un effet sur l’évolution des prix des tôles et des tubes. De plus, comme celui-ci indexe le prix de l’électricité, il peut être envisagé qu’un impact se fera sentir également sur la filière ferraille qui produit les laminés marchands, les poutrelles et les produits béton.

A ce stade, l’ampleur de la hausse des prix dépendra principalement de la durée de la phase aigüe du conflit. D’ores et déjà, de nombreux fournisseurs font savoir une évolution de leurs offres dans les jours à venir.

Néanmoins, à l’instar de 2022 avec la guerre en Ukraine, la situation économique actuelle reste globalement molle et la demande industrielle en Europe peine à reprendre de la vivacité. Dans ce contexte, il paraît difficile d’imaginer, à court terme, un scénario d’inflation comparable à celui de 2022.

L’autre impact important généré par le conflit au Moyen Orient se situe sur la logistique maritime mondiale. Avec le blocage du détroit d’Ormouz et du canal de Suez, des centaines de bateaux sont bloqués ou doivent passer par le cap de Bonne Espérance pour assurer les livraisons de leurs marchandises, y compris celles utiles à la production d’acier. Ceci peut renchérir à court terme les importations vers l’Europe, déjà impactées par l’entrée en application du MACF en janvier dernier.

Enfin, le cours de l’aluminium sur le marché international a déjà fortement réagi, avec une hausse très marquée du LME. Cette évolution commence déjà à se ressentir dans les prix proposés de certains fournisseurs, où l’on sent que la situation est plus tendue que sur celle des aciers. Cette tendance est perceptible également pour les produits inoxydables pour le moment mais dans une moindre mesure.

En résumé, le commencement de cette nouvelle guerre vient troubler les variables énergétiques et logistiques qui impacteront, nous espérons de façon limitée, les prix des produits métallurgiques sur les prochains jours. La durée de ce conflit et surtout sa propension à s’internationaliser davantage seront deux critères déterminants pour calmer les tensions ou à les aggraver.

Nous continuons donc, comme à l’accoutumé, à vous tenir informé de l’évolution de cette situation.